MISSISSIPPI BACK…
Hop-back, un lundi gris version Paris, un bon vieux blues du Mississippi à cause des vacances, de Memphis, de Clarksdale, de Greenville et de la Nouvelle Orleans. On revient vite expliquer tout ça, déverser les interviews et remplir les pages vides. Le temps de recharger le flingue, on patiente avec la douce voix du vieux Mississippi John Hurt. Candy Man, t’as vu, enregistré à New York en 1928. On dirait le sud.
Mississippi John Hurt – “Candy Man” – 1928
“Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés”, dit-on. Mais en réalité ce sont les bluesmen qui sont les plus mal chaussés, même s’ils sont au coeur de tout ce qui est arrivé à la musique occidentale depuis quelques 80 ans. L’industrie du disque leur a volé leurs pompes, a brûlé leur musique et accidenté leurs riffs. Elle les a refilé à Jimmy Page qui en a fait des millions de dollars sous prétexte que sa guitare est électrifiée. Les choses se sont figées et au fond, c’est très bien comme ça. Ca fait du pittoresque à bon marché, des mythes cheap pour l’Occident, de belles histoires à base de musiciens en guenilles.
Mais il ne faut pas se leurrer, le blues n’est pas une affaire de vieux, de fantômes des temps esclavagistes, de pauvre hère qui vend son âme au diable sur les routes du Delta sous une lune blanche. Et ce qu’on ne voit pas, en se plongeant dans ce passé romancé et en photographiant les tombes, c’est que rien n’a changé. Le Mississippi est sinistré, et rien n’a bougé depuis le 19° siècle. Fatalement, le blues est encore là, blotti entre les champs de coton qui entourent la ville de Clarksdale et le sinistre pénitencier de Parchman qui abrite encore tous les bluesmen de la région. Fermez vos livres d’histoire, vos histoires de fantômes et vos hommages romantiques à Robert Johnson. Le blues, c’est ici et maintenant. Pour Preuve, RL Burnside, un des géants du MS blues des 80′s et 90′s, décédé en 2004. Sans sampler, juste avec les mains et la bouteille, atomisation de cerveaux sous un soleil pété. En live ici, enregistré en 2001. Danse un bon coup dans ta piaule !
RL Burnside – Rollin’ & tumblin’ – 2001
Pour preuve aussi, Supa Chickan, Big Jack Johnson, Wayne Wolf et tous les autres. Ils ont la fierté de Robert Johnson, le doigté de Patton,ce sont les mêmes. Et ils traînent, eux-aussi, des vies d’errance qui feront de belles histoires lorsqu’ils seront morts. Ils seront à leur tour des fantômes que personne n’a vu passer et l’on plantera un écriteau à l’endroit où ils vivaient, comme devant la cabane de Muddy Waters, qui se “visite”…
C’est le XXI° siècle, mais toujours le sud…
Je reviens vite, pour raconter.


septembre 7, 2010 à 1:22
Tiens moi au courant quand il y a un article qui parait dans la presse !
Je t’envoie le zin’ avec l’itw des Black Diamond Heavies, eux ça se passe du coté de Chatanooga / Tenessee, le bled de Bessie Smith.
-h.
septembre 15, 2010 à 5:04
SISI LE SUD
octobre 31, 2010 à 2:04
J ai perdu mon cell. mail me