Archives de octobre, 2008

BEATS vs DRUMS (ELEMENTS)…

Posted in THINGZ n' SOUNDZ on octobre 16, 2008 by TOMA

En rencontrant Ahmir « Questlove » Thompson, éminent batteur des Roots et multi-producteur du rap américain, au festival parisien Rock en Seine, j’ai repensé mes débuts à la batterie. A l’époque, mes amis batteurs se seraient bien vus derrière Metallica ou Led Zep. Moi, je voulais être batteur de NTM…

En fait, je ne savais pas qu’il n’y avait pas de batteurs dans NTM. Alors j’achetais des micros, je bidouillais avec Cubase sur mon Atari 1040 ST pour avoir le son du batteur d’NTM. C’était la grande course. Je me battais alors contre une machine, sans le savoir. Je n’étais pas le seul…

Questlove, à propos de l’initation de la boîte à rythme avec une batterie :

Quelle est la place d’une batterie dans une musique comme le rap, inventée sur des machines ? Cette équation semble avoir 3 variables : RZA, producteur du crew de rap new yorkais Wu-Tang, Jay Dee, multiproducteur de génie. Et Prince, roi.

Questlove, à propos de l’équation :

Cette question du rapport de la batterie à la musique rap oriente pas mal de mes travaux, notamment pour Batteur Magazine et pour MUZIQ. Il y a quelques mois, je recueillais ces propos auprès de Trevor Lawrence Jr, batteur de session pour Dr Dre (qui utilise des batteurs et non des boites à rythme), alors en tournée avec Snoop :

« Dans les années 80, les batteurs ont été mis en concurrence avec des machines. Une génération de batteurs a grandi dans cette optique pour arriver à des situations absurdes : caisse claire et charley hyper serrés, jeu sur-carré. Ils ont délaissé le côté « étude » de leur instrument, le phrasé, les structures, les placements particuliers. Mais l’utilisation que les producteurs de hip-hop ont fait des boites à rythmes a permis de redécouvrir certaines choses, en utilisant des effets, en envoyant par exemple un charley dans un delay, en retardant certains éléments. C’est en partie le rap qui m’a appris à manipuler les différents éléments, à tester le décalage d’un charley par rapport à la caisse par exemple, comme dans un morceau de Jay Dee. C’est un truc que les rappeurs ont approfondi. En fait, ils voulaient faire du live. Le live, c’est l’imperfection, le contraire de la programmation. C’est ce que je cherche ». (in Batteur Magazine n°210, septembre 2007)

Le producteur américain Jay Dee (Pharcyde, A Tribe Called Quest, Common, Janet Jackson…) semble effectivement avoir pesé de tout son poids sur le rapport homme-machine, au moins en ce qui concerne le rap et la néo-soul. S’il a décomplexé Ahmir Thompson et Trevor Lawrence Jr. quant au jeu de la batterie dans le rap, il a également appris à de nombreux possesseurs de machines comment faire groover une programmation. 20Syl, producteur du groupe français Hocus Pocus peut ainsi se permettre de programmer des lignes qui lui évitent de dépenser des millions pour recréer en studio le son des kits 70’s :

20Syl, à propos de la programmation des batteries d’Hocus Pocus :

L’interview de Ahmir « Questlove » Thompson est publiée dans Batteur Magazine n°218, septembre 2008.

DROPPIN’ SCIENCE…

Posted in THINGZ n' SOUNDZ on octobre 8, 2008 by TOMA

Déformation professionnelle. Un soir, pendant l’écriture du premier volume de Combat Rap, je ré-écoutais une interview de RZA quand je me suis surpris à osciller de la tête avec une régularité toute new yorkaise… Quand RZA parle, on dirait qu’il rappe. D’ailleurs, sur certains de ses raps, on dirait qu’il parle. Et il parle, d’ailleurs. Ou alors il rappe. On ne sait jamais vraiment finalement. Est-ce que le fait de parler comme l’on rappe est une déformation professionnelle d’un type qui rappe depuis 20 ans, qui en a fait son métier, qui pratique quotidiennement ? Est-ce le contraire ? Cool question… On dirait que RZA prêche en permanence, au coin d’une rue. L’intro du CD 2 de Wu-Tang Forever me fait la même impression.

Bref. A la hâte, j’ai ouvert Cubase, pioché un sample, frappé un beat, importé l’interview de RZA, découpé quelques passages et Ô surprise : en lançant le beat à 92bpm, j’avais l’impression que RZA rappait sur mon son.

Ici donc, TOMA feat. RZA – « Water » :

Dédicated to the ones who knows. This is hip-hop.

JACQUES DANIEL…

Posted in THINGZ n' SOUNDZ on octobre 6, 2008 by TOMA

Wesh, Booba le scandaleux, l’infame, le notorious infamous du rap français. Les journaux et les blogs rivalisent de qualificatifs pour décrire le comportement de Booba, météore du 92i, au concert Urban Peace 2 qui se déroulait au Stade de France ce samedi 4 octobre 2008. Furax du comportement de quelques dizaines de types qui l’insultaient depuis les premiers rangs, l’ourson a effectivement mis la pression en balançant sa bouteille de Jack Daniels (vide…) sur un type et en crachant sur le public. Puis s’en est allé, à moitié viré de scène par le public et le service de sécurité de l’événement.

Alors on pourra gloser sur cette histoire, déglinguer Booba ou le déifier, il n’en demeure pas moins qu’il a représenté l’ambiance de ce rap français. Parce que franchement, quand on lit les commentaires de certains journaux (« une affiche de qualité et une ambiance bon enfant, sans heurts ni bagarres, sinon des mouvements de foule enthousiastes au gré des prestations des artistes », JDD, 5/10/2008), on peut avoir l’impression que certains journalistes sont un peu déphasés quant à ce qui se passe réellement dans cet univers. Dans leur immense majorité, les rappeurs ne sont pas des gens « cool », « détendus » ou « goguenards » ou je ne sais quels qualificatifs largement utilisés par la presse, souvent de manière maladroite, pour décrire de manière sympa un truc qui en réalité n’est pas sympa du tout. Traiter le rap avec ce genre de termes, c’est un peu de la discrimination sémantiquement positive. Alors qu’en réalité, c’est le bordel. Les premiers rangs d’Urban Peace 2, c’était totalement ghetto à base d’arrachage de portable, tripotage de meufs, furie, rap, danger.

Bon, bref. Toujours est-il que Booba sort aujourd’hui son single « Illégal », produit par Animalsons, et qu’il n’est pas mal du tout. Un son qui flirte avec l’ambiance Timbo/Timberlake. Comment ramasser des strings mouillés tout en restant caillera…

DIPLOMATIE JURIDIQUE

Posted in THINGZ n' SOUNDZ on octobre 1, 2008 by TOMA

Juste pour vous faire profiter d’un article que je viens de publier dans le Monde Diplomatique.

Il s’agit d’un retour juridique sur les trois derniers posts de ce blog, concernant l’affaire La Rumeur.

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