BEATS vs DRUMS (ELEMENTS)…

En rencontrant Ahmir « Questlove » Thompson, éminent batteur des Roots et multi-producteur du rap américain, au festival parisien Rock en Seine, j’ai repensé mes débuts à la batterie. A l’époque, mes amis batteurs se seraient bien vus derrière Metallica ou Led Zep. Moi, je voulais être batteur de NTM…

En fait, je ne savais pas qu’il n’y avait pas de batteurs dans NTM. Alors j’achetais des micros, je bidouillais avec Cubase sur mon Atari 1040 ST pour avoir le son du batteur d’NTM. C’était la grande course. Je me battais alors contre une machine, sans le savoir. Je n’étais pas le seul…

Questlove, à propos de l’initation de la boîte à rythme avec une batterie :

Quelle est la place d’une batterie dans une musique comme le rap, inventée sur des machines ? Cette équation semble avoir 3 variables : RZA, producteur du crew de rap new yorkais Wu-Tang, Jay Dee, multiproducteur de génie. Et Prince, roi.

Questlove, à propos de l’équation :

Cette question du rapport de la batterie à la musique rap oriente pas mal de mes travaux, notamment pour Batteur Magazine et pour MUZIQ. Il y a quelques mois, je recueillais ces propos auprès de Trevor Lawrence Jr, batteur de session pour Dr Dre (qui utilise des batteurs et non des boites à rythme), alors en tournée avec Snoop :

« Dans les années 80, les batteurs ont été mis en concurrence avec des machines. Une génération de batteurs a grandi dans cette optique pour arriver à des situations absurdes : caisse claire et charley hyper serrés, jeu sur-carré. Ils ont délaissé le côté « étude » de leur instrument, le phrasé, les structures, les placements particuliers. Mais l’utilisation que les producteurs de hip-hop ont fait des boites à rythmes a permis de redécouvrir certaines choses, en utilisant des effets, en envoyant par exemple un charley dans un delay, en retardant certains éléments. C’est en partie le rap qui m’a appris à manipuler les différents éléments, à tester le décalage d’un charley par rapport à la caisse par exemple, comme dans un morceau de Jay Dee. C’est un truc que les rappeurs ont approfondi. En fait, ils voulaient faire du live. Le live, c’est l’imperfection, le contraire de la programmation. C’est ce que je cherche ». (in Batteur Magazine n°210, septembre 2007)

Le producteur américain Jay Dee (Pharcyde, A Tribe Called Quest, Common, Janet Jackson…) semble effectivement avoir pesé de tout son poids sur le rapport homme-machine, au moins en ce qui concerne le rap et la néo-soul. S’il a décomplexé Ahmir Thompson et Trevor Lawrence Jr. quant au jeu de la batterie dans le rap, il a également appris à de nombreux possesseurs de machines comment faire groover une programmation. 20Syl, producteur du groupe français Hocus Pocus peut ainsi se permettre de programmer des lignes qui lui évitent de dépenser des millions pour recréer en studio le son des kits 70’s :

20Syl, à propos de la programmation des batteries d’Hocus Pocus :

L’interview de Ahmir « Questlove » Thompson est publiée dans Batteur Magazine n°218, septembre 2008.

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Une Réponse to “BEATS vs DRUMS (ELEMENTS)…”

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