TUPAC A BORDEAUX

Ce week-end, alors que je visitais mes frères de Bordeaux, errant sans but sous les lampadaires de cette ville trop belle, je me suis plongé dans la lecture d’un ouvrage étonnant, une enquête policière sur la mort des rappeurs Biggie Smalls et Tupac Shakur, dessoudés à quelques mois d’intervalles à la fin des années 90. L’an dernier, j’avais parcouru ce bouquin dans une librairie de Toronto en me disant qu’il faudrait le traduire en français. C’est désormais fait, et bien fait, sous la houlette des éditions Payot. L.A.Byrinthe, solide résumé des spéculations et enquêtes qui ont suivi les deux meurtres sort ces jours-ci.

la-byrinthe-sullivan

Une belle couv' ratée. On se demande même s'il s'agit bien de Biggie, à gauche...

Il faisait beau, place Gambetta. Il fait toujours beau place Gambetta. Et le soleil qui me cognait sur le crâne me projetait quelques années en arrière, lorsque je reportais pour Radikal au sujet de la scène rap bordelaise. J’avais eu alors, dans un café précieux de cette place, une longue discussion bourrée avec un certain Boogie Bunk, danseur de sa ville, au sujet de la mort de Tupac. Ca partait dans tous les sens. Il était convaincu que c’était le FBI, le président des Etats-Unis, même, avaient donné ordre de dessouder Tupac, rappeur incontrôlable et leader d’opinion gênant. J’ai toujours pensé que ce n’était que pure spéculation, que ce meurtre et celui de Biggie impliquaient des contingences bien plus quotidiennes que ces philosophies étatiques. Et c’est en substance ce qu’insinue L.A.Byrinthe, où le journaliste Randall Sullivan remonte l’enquête menée par Russel Poole, inspecteur du LAPD, chargé en avril 1997 d’enquêter sur la mort de Christopher Wallace, plus connu sous le nom de scène de Biggie Smalls.

biggie-and-tupac

En 2003, le documentaire Biggie & Tupac de Nick Broomfield se penchait sur les révélation de Poole, mais L.A.Byrinthe fouille le dossier plus en profondeur. Ce qui s’est réellement passé est finalement bien plus triste que la flamboyante thèse impliquant le président ou je ne sais quel illuminati. Tupac Shakur et Biggie Smalls sont morts non parce qu’ils gênaient l’Amérique,  mais à cause de la cupidité et de l’honneur mal placé de quelques gangsters, de quelques millions de dollars payables en CD et d’une poignée de flics du LAPD totalement corrompus mais désespérement couverts par leur hiérarchie. Le scandale Rampart, qui éclaboussait l’entière police de L.A. quelques mois après ces deux drames, atteste cruellement des liens de la police Californienne avec Marion « Suge » Knight, patron du label Death Row Records (qui abritait Tupac), les gangs de Piru street, de la 18° rue et plus largement les Bloods de L.A.

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2 Réponses to “TUPAC A BORDEAUX”

  1. the real pac is back i am presently of the north of canada to quebec sept-iles
    ressurection my spirit in flames my name is Galax alias Momimarte a.k.a.
    specialist diss.

  2. Super avis, j’ai vu « La légende Tupac Shakur », un peu déçue car ils ne mentionnent pas du tout le combat de Pac contre les Illuminatis qui me semble être une des raisons pour lesquelles Pac était détesté par certains blancs effrayés. Le film ne mentionne pas non plus assez son investissement politique grandissant.

    Je pense que je vais acheter ce livre, il m’a l’air complet.
    Merci bcp.
    Andréa

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