MOONTALK / LIFE AFTER DEATH

Des fois qu'elles tombent...

Des fois qu'elles tombent...

Allez savoir pourquoi, Olivier Cachin adore déblatérer pendant des heures en mangeant des sushis. Curieusement, son 10° arrondissement en est plein, chinois financiers du riz international, racheteurs de jap’ en faillite et samouraïs du poissons crus. Quand le Roi est mort, c’est dans un de ces cerisiers parisiens que je l’ai retrouvé. Il me fallait produire pour le « Magazine de la filière musicale » une étude chiffrée des résultats de l’album Thriller, sixième album solo de Michael Jackson, paru fin 1982. Olivier était le parfait client, lui qui voue un culte à l’obscur Jackson et en maîtrise la discographie jusqu’à citer le nom des demi-frères des choristes présents sur des maquettes jamais finalisées. Mais surtout parce qu’il vient de publier Pop Life, sévère biographie de l’auteur de Thriller, à laquelle il mettait une touche finale lorsque TMZ a annoncé la mort du bonhomme ,le 25 juin dernier. En plus de ses connaissances pointues, le journaliste s’est mis à la colle avec des ultra-fans rencontrés sur des forums de geeks et n’a pas non plus hésité à se taper les quelques milliers de pages des minutes du procès de 2005. Pop Life, du coup, est un document tout à fait solide.

Pop Life est aussi le nom d'un album de David Guetta, curieux...

Pop Life est aussi le nom d'un album de David Guetta, curieux...

En entrant chez les samouraïs, l’intérêt de Thriller était pour moi double : en plus d’être un excellent album au songwriting futuriste doublé d’une synthèse brillante des musiques noires et blanches de l’époque (Quicy Jones à la production, Van Halen à la guitare, rappelons-le…), il est aussi une curiosité économique pour l’industrie du disque. Saint Graal des chiffres de ventes, record absolu approchant les 130 millions d’exemplaires vendus, il a percuté l’industrie du disque dans son ensemble, modifié le rôle de l’image, du vidéo-clip et initié des techniques de marketing et de promotion inédites.

thriller

Sur le premier point, Cachin nous éclaire sur l’énergie artistique qui entre dans la composition de Thriller, un point largement occulté : Thriller est avant tout le résultat de la frustration d’un artiste furax d’être noir, de n’être pas un sujet de couv’ pour le magazine Rolling Stone et de n’avoir récolté qu’un seul Grammy Awards avec son Off The Wall paru en 1979. Thriller est un disque de colère.

Sur le second point, il a fallu aller chercher dans les chiffres et méthodes de l’industrie, mais Olivier nous laisse une piste. L’exemple du tournage du clip « Thriller« , un an après la sortie de l’album, en est un excellent exemple.

Mon collègue Romain Berrod, avec qui l’article a été écrit, rapport l’information suivante : « A l’époque, la durée moyenne d’exploitation d’un album oscillait entre six et huit mois. Les soins apportés à Thriller dureront… deux ans. Au total, sept singles en seront extraits (sur un total de neuf titres), soit deux fois plus que d’habitude. Cette stratégie, payante, sera utilisée de nombreuses fois par la suite pour exploiter et construire des blockbusters. Dès 1984, Columbia décidera de d’extraire sept singles de Born In The USA de Bruce Springsteen, qui occuperont chacun le Billboard Hot 100. Warner choisira cinq singles pour Purple Rain de Prince. Mercury en utilisera sept pour Hysteria de Def Leppard. Chacun de ces trois albums dépasseront les 10 millions d’exemplaires rien qu’aux États-Unis… » CQFD.

C’est intéressant, certes. Mais il n’empêche qu’on ne sondera jamais totalement le fond du méga Thriller. On peut analyser cet impérial succès sous divers prismes, il demeure et demeurera entouré d’un halo de mystère. Avant le marketing, la communication et les dollars investis, il reste Thriller, œuvre majeure d’un surhomme encore enfant qui a mis en scène ses fantasmes, ses paranoïas, ses danses électriques et ses contes de Peter Pan déviant sans qu’on ne puisse lire distinctement entre ces lignes mêlées. C’est ça, le moteur de Thriller, bien plus que le marketing. C’est l’histoire d’un génie immature de douze ans d’âge mental qui s’est dit : « Ah ouais, ce serait super si je me transformais en monstre ! »

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Dont acte...

Pour terminer, je vais me mettre les historiens officiels à dos : je certifie sur l’honneur que le meilleur album de Jackson n’est pas Thriller, mais Bad. Question d’époque peut-être, puisque je suis né en 1977, mais question de chanson aussi. « Smooth Criminal » est une des chansons les plus réussies de l’histoire de la musique. Stream this here !

Précisions, développements, suite et bonus tracks dans le n°508 de Musique Info, actuellement en kiosques.

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3 Réponses to “MOONTALK / LIFE AFTER DEATH”

  1. Bonjour,
    Je viens de lire à nouveau votre article sur Michael Jackson(très bien amené). J’adore vous lire et vos articles sont toujours de grande qualité. Concernant Jackson je n’en n’étais pas fan dans les années 80 étant positionné sur le rock et le hard rock voire le punk qui résultait de votre année de naissance(1977) il représentait pour nous(rockers) l’industrie de la musique où l’on cause plus en dollars qu’en notes. Au final avec la maturité force est de constater que ce fut un grand artiste. Concernant Thriller, cet album a été une avancée dans la musique de danse car un travail énorme au niveau du son de la produciton des méloldies du conecpt avait été réalisé. Je pense que l’ampleur de la star a pris son effet sur Bad. Thriller n’a été qu’une première pierre dans l’édicice Jackson. Je vous l’accorde tout à fait.
    Petite rectification par rapport au médias qui nous envoie à chaque fois que Jackson et les jackson5 ont marqué les seventies. Euh qui connaissait les jackson 5 dans les 70’s et Michael Jackson ? Il me semble que ces années ont plus étaient portées et marquées par des groupes et artistes comme les doors, Led zeppelin James Brown, les stones, who et consorts. Non Jackson appartient aux années 80
    merci pour votre article
    philippe

  2. moi j’aquse le médesain de michael il lui a donné plein de médicaman antuqua je ne sais pas si c’est lui mais je pansse que sai lui et j’aurai voulu voire michael an concèr

  3. Moi j’accuse ton prof de franssais !

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