TRICKY : « 3D EST UN EGOMANIAQUE »

Tricky est un drôle de type. Sympathique et hostile à la fois, serein et nerveux dans le même geste. En alerte perpétuelle, planqué derrière des petits yeux taillés au canif, on dirait qu’il vise constamment le réel avant de décocher la ph(r)ase assassine : « Qu’est-ce qu’il a ce type à me regarder ? Is he gay or whut ? ‘Scuse moi ». Les trois dreadlocks élimées qui tombent du sommet de son crâne donnent à son visage émacié quelque chose d’extra-terrestre. On dirait une chauve-souris avec un artichaut sur la tête. Une chauve-souris noire.

WTF !!


Ces temps-ci, le héros de Bristol,
passé depuis par New York et L.A., traine beaucoup à Paris. On le croise dans un vernissage au Palais de Tokyo, mais on peut le croiser au Grec, aussi, juste en bas. Et il parle coolement. Tout le monde m’avait dit de me méfier, « oh la la tu vas te faire chier, il est relou », que ce mec était trop étrange pour parler, trop à l’ouest pour capter. En réalité, il n’aura pas fallu plus que cette silhouette déglinguée, cette dentition anguleuse taillée à l’acide et quelques disques bordés d’obscurités pour classer Tricky parmi les maudits, les prince ténébreux, les compositeurs sauvages. Mais là, sur cette terrasse du troisième arrondissement, Tricky est en plein soleil, et le soleil brûle les étiquettes.

1995

Tricky : « Si tu dis que je suis cool, ton rédac’ chef va moins aimer, c’est sûr »

En parlant un peu de musique avec lui, je me suis rendu compte d’un truc bizarre que je ne soupçonnais pas vraiment. Tricky est complètement à l’ouest en ce qui concerne les sorties actuelles. Lui qui a été à la pointe d’une innovation techno-stylistique avec Massive Attack puis en solo, et dont les albums regorgent aujourd’hui encore de belles trouvailles soniques (Maxinquaye, Blowback et Knowle West Boy en tête) n’écoute rien, s’en tape complètement et ne sait même pas de quoi je parle. Ce qui lui autorise quelques bonnes punchlines…

Tricky : « Dub-whut ? To me it’s just reggae-with-a-stupid-name »

2001

Cet été, Massive Attack (3D, Daddy G) a donné un concert hyper décevant à Rock en Seine. Du coup, tout le monde s’est mis à réécouter Blue Lines, et, logiquement, Maxinquaye, le premier disque de Tricky, éjecté solo de la galaxie de Bristol dès son origine. Fatalement, je lui en ai parlé, mais je crois que j’aurais mieux fait de me taire…

Tricky : « Avec le Wild Bunch, on s’en foutait d’être des superstars, il n’y a que 3D qui voulait être une star. 3D. Il a tout ruiné, mais aujourd’hui il s’appelle Massive Attack » .

Blue lines, 1991

De son nouvel album, Mixed Race, Tricky ne m’a rien dit. Cet entretien a eu lieu il y a quelques mois et je n’étais pas  du tout au courant. Les Inrocks disent de l’album qu’il est « Gangsta-gangsta », et, surtout, en proposent l’écoute intégrale. Whooo-ha !

2010

Last but not least : dédicace aux gens bien, aux vrais qui savent. Tricky adore Capone et il en parle très bien…

Tricky : « One big slang »

Ouais, ouais, lui, là...

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